Suite au contrôle en amont, vous devez avoir une idée assez précise de la stratégie à adopter concernant la bande passante, la taille de la vidéo et la cadence (nombre d’images par seconde). Fort de ces informations, vous pouvez à présent concentrer vos efforts sur la création d’un fichier FLV.
La critique que nous recevons régulièrement est la suivante : « Bien que j’utilise toujours les valeurs par défaut, j’obtiens des résultats médiocres. Comment cela se fait-il ? » La réponse est simple. Les valeurs par défaut des paramètres de Flash 8 Video Encoder sont de simples approximations qui visent une utilisation générale.
Dans le panneau Paramètres de codage des vidéos Flash, vous devez :
Figure 3 : Ignorer les paramètres par défaut, nommer le fichier et cliquer sur l’onglet Vidéo
Cliquez sur l’onglet Vidéo pour ouvrir le panneau des paramètres de codage de vidéo Flash, où vous devez prendre quelques décisions cruciales, à commencer par le choix du codec à utiliser. Les deux codecs proposés dans le menu contextuel de codecs vidéo sont Sorenson Spark et On2 VP6. Comme nous l’avons expliqué précédemment, le codec que vous sélectionnez est directement lié à la version Flash Player que vous avez décidé d’utiliser. Choisissez On2 VP6 uniquement pour les projets destinés à la lecture à l’aide des lecteurs Flash Player 8 et Flash Player 9. Si votre projet contient une couche alpha, optez pour Flash Player 8 ou Flash Player 9. Pour Flash Player 7 ou une version précédente, votre seul et unique option est Sorenson Spark.
A présent, vous devez sélectionner la cadence du fichier FLV. Si vous cliquez sur le menu contextuel Images/sec, plusieurs options vous sont proposées, de la même cadence que la vidéo à encoder à une cadence de 30 ips. Reportez-vous aux notes que vous avez prises lorsque vous avez prévisualisé la vidéo dans QuickTime ou le Lecteur Windows Media. La cadence doit être égale à 12 ou 15 images par seconde pour la plupart des applications.
Remarque : comme toutes les règles, celle-ci peut être contournée. L’un d’entre nous a préparé plusieurs didacticiels vidéo à l’aide d’un logiciel de capture d’écrans. Ces captures sont habituellement réalisées aux dimensions physiques de 640 × 480 et, pour garantir une lecture souple dans le navigateur, la cadence des didacticiels vidéo est de 5 ips. Vous pouvez modifier la cadence en sélectionnant une valeur dans le champ Cadence ou en entrant la valeur à l’aide du clavier.
Le choix suivant concerne le placement des images clés. Les options de ce menu contextuel sont Automatique et Personnalisé.
A bien des égards, une vidéo s’apparente à une série d’images organisées dans un montage. Chaque image doit être dessinée, ce qui explique pourquoi les fichiers vidéo numériques peuvent être volumineux. Pour réduire la taille du fichier vidéo et la charge du processeur, la vidéo numérique utilise deux types d’images : les images clés et les images delta.
Une image clé dans une vidéo contient l’image entière. Une image delta (si vous pouviez la voir) contient uniquement les différences entre les images. Si vous filmiez un individu marchant le long d’un mur, l’image clé ressemblerait à une image Photoshop ; elle contiendrait la personne et tous les détails du mur. Une autre image, en revanche, ne contiendrait pas le mur car celui-ci ne changerait pas. Les données des images delta ne sont pas perdues ; elles sont simplement stockées pour être réinsérées dans l’image au moment de la lecture de la vidéo.
Il est essentiel de bien comprendre ce concept car il a un impact considérable sur la taille finale du fichier FLV. Supposons qu’une vidéo contienne uniquement des images clés et soit codée à une cadence de 15 ips. Si chaque image de la vidéo a une taille de 15 Ko, une seconde de vidéo correspond à 225 Ko. Appliquons maintenant une image clé par seconde. Ceci signifie qu’aux images 1 et 15, l’image complète est en place, mais que les 13 images intermédiaires sont différentes et que, pour notre exemple, chacune représente une taille de fichier de 5 Ko car les éléments qui ne changent pas ont été supprimés. La taille du fichier de cette séquence d’une seconde tombe à 95 Ko.
Les codecs On2 VP6 et Spark espacent encore davantage les images clés. Il n’est pas rare, par exemple, qu’une image clé soit insérée toutes les 300 images. Si vous faites le calcul, vous comprendrez aisément pourquoi les fichiers FLV se situent généralement autour de 10 % de la taille du fichier de la vidéo d’origine.
Sur 300 images d’une vidéo diffusée à un rythme de 15 images par seconde, une image clé est insérée toutes les 20 secondes de la vidéo. Sur la base de notre exemple précédent, la taille de la vidéo avec une image clé par seconde atteint 1,9 Mo. Un fichier FLV avec des images clés espacées toutes les 300 images produit une vidéo de 20 secondes dont la taille de fichier atteint 1,5 Mo.
L’autre facteur qui entre en compte dans la qualité FLV et les images clés est la quantité de mouvement dans la vidéo. Si la vidéo présente une course de Formule 1 ou contient de nombreux zooms ou panoramiques, les images clés doivent être plus rapprochées. Si la vidéo ne contient rien d’autre qu’un arbre dans un champ, les images clés peuvent être espacées sans perte de qualité. C’est la raison pour laquelle nous vous conseillons de visionner au préalable la vidéo avant de procéder au codage.
Ce qu’il faut savoir sur les supports numériques, c’est qu’il existe certaines règles à respecter lorsque vous utilisez les logiciels. La première règle est la suivante : laissez le logiciel faire le travail. A moins d’être un producteur de vidéo numérique expérimenté, il vaut mieux choisir l’option Automatique dans les paramètres de Flash CS3 Video Encoder. Lorsque vous sélectionnez Automatique, le codec explore la vidéo à la recherche des zones riches en mouvement (des bolides roulant à toute vitesse) ou peu de changements (un arbre dans un champ) et détermine automatiquement la position des images clés. La principale différence entre les codecs Spark et On2 VP6, mise à part la spécificité de la version Flash Player, c’est que le codec On2 VP6 effectue un meilleur traitement avec un nombre d’images clés inférieur à celui du produit Spark.
Figure 4 : la sélection du codec, de la cadence et de la position des images clés représente la première étape du processus.
Si la taille de vos fichiers FLV doit encore être réduite, nous vous conseillons d’utiliser le paramètre Automatique pour le positionnement des images clés en définissant un intervalle personnalisé. De manière générale, un intervalle de 5 secondes est un bon point de départ. Il suffit de multiplier la cadence souhaitée (sur la base de l’exemple ci-dessus, 15 images par seconde) par 5 (secondes) et d’entrer le résultat (dans notre exemple, 75 images) dans le champ Intervalle entre images-clés. Si la qualité de la vidéo est médiocre, réduisez l’intervalle d’une seconde (15 images) et renouvelez l’opération. Malheureusement, le meilleur moyen d’évaluer les différents paramètres des images clés est de produire des versions à des intervalles différents et de les comparer visuellement. N’est-ce pas pour cela que nous aimons tellement la fonctionnalité de traitement par lots dans Flash 8 Video Encoder ? Il suffit de configurer les rendus et l’ordinateur s’occupe du reste pendant que vous dormez.