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Codage au format Flash Video

Tom Green

tomontheweb.ca

Scott Fegette

Adobe

Cet article est le résultat d’une conversation que nous avons eue chez TODCON 8 en mai 2006. Nous passons tous deux beaucoup de temps à explorer les usages et abus de la vidéo Flash ainsi que son potentiel. Bien que nous naviguions dans des sphères différentes, nos carrières semblent se rejoindre sur un point clé : le nombre de conversations que nous tenons et de messages que nous recevons commençant par « Je n’arrive pas à faire fonctionner cette vidéo Flash ». Lorsque nous avons comparé nos notes au TODCON, nous avons compris que l’origine de la plupart des problèmes n’est pas la technologie de la vidéo Flash mais sa création et son déploiement. Plus particulièrement, il se révèle une certaine ignorance du lien étroit entre débits et bande passante lors de la création du fichier de vidéo Flash (FLV).

Dans cet article, nous aborderons cette relation et dévoilerons le mystère qui l’entoure. Peu importe la méthode employée, vous devez comprendre que vous n’avez pas réellement affaire à de la vidéo. Votre tâche consiste à gérer un flux de données audio et vidéo dans Flash Player.

A bien des égards, vous êtes le gardien d’un barrage. Si l’ouverture des vannes est bien réglée, l’eau qui s’écoule du barrage reste dans le lit de la rivière. En revanche, une vanne mal réglée risque de créer un débit trop élevé et de noyer la ville qui se trouve dans la vallée.

Pour la vidéo, si les vannes sont entièrement ouvertes, la vidéo est diffusée, puis s’arrête ; un torrent de données audio et vidéo inonde Flash Player. Le lecteur stocke les données dans la mémoire tampon, puis les diffuse, ce qui provoque les arrêts et démarrages intempestifs de la vidéo. Très souvent, cela signifie que le fichier FLV a été créé à partir d’un débit excessif. Comme l’un d’entre nous aime à le rappeler, « sélectionner un débit trop élevé revient à essayer de faire passer un chameau à travers le chas d’une aiguille ».

Une autre fausse idée consiste à penser qu’il faut écrire du code ActionScript pour contrôler la lecture de vidéo Flash. Ce n’est pas tout à fait vrai. Le code ActionScript que vous rédigez contrôle simplement le flux de données. Les méthodes de lecture() et de pause() de la classe NetStream permettent d’activer et d’interrompre le flux, pas la vidéo. Il est essentiel de bien comprendre ce concept lorsque vous souhaitez travailler avec de la vidéo Flash.

Prérequis

Pour suivre cet article, vous devez utiliser le logiciel suivant :

Flash Professional CS3 avec Flash CS3 Video Encoder

Connaissances prérequises :

Connaissance générale de Flash et de la vidéo.

Contrôle en amont de votre vidéo

Avant de créer le fichier FLV, vous devez avoir un plan d’action. Vous ne pouvez pas vous contenter d’encoder une vidéo en plein écran et vous attendre à ce que les utilisateurs s’émerveillent de vos prouesses techniques. C’est vous qui serez surpris de la vitesse à laquelle les utilisateurs quittent la page.

Le problème principal est la bande passante du côté utilisateur. C’est un fait : il existe encore une fracture au niveau du débit Internet. Si vous habitez dans une zone urbaine importante, il est fort probable que vous avez accès à une connexion Internet haut débit, via le câble ou l’ADSL. En revanche, si vous vous trouvez dans une zone rurale, vous disposez certainement d’une connexion à faible débit. Si vous ciblez une audience majoritairement urbaine, une vidéo aux dimensions physiques de 320 × 240 fonctionnera. Cette même vidéo fonctionnera moins bien sur une liaison à faible débit. Pour une connexion par modem à numérotation, une vidéo de 120 x 90 sera votre maximum.

Si vous ignorez les dimensions physiques à utiliser, suivez les conseils suivants :

  • Lecture depuis un disque dur ou un CD : 640 × 480
  • Internet haut débit : 320 × 240 ou 240 × 180
  • Modem à numérotation : 120 × 90

Remarque : les fichiers de taille VGA, c’est à dire 640 × 480 fonctionnent en principe bien avec des débits respectables, mais un paramétrage précis est nécessaire. Les vidéos qui montrent simplement le visage d’une personne parlant sur un arrière-plan fixe ou qui contiennent très peu d’action s’adaptent le mieux à cette conversion.

Remarque : cet article concerne uniquement la création de fichiers FLV pour une lecture avec le lecteur Flash Player. Nous ne traitons pas de la prise en charge récente de la vidéo au format H.264 par le lecteur. Pour une présentation détaillée de ce sujet, consultez l’article de David Hassoun (en anglais) intitulé Exploring Flash Player support for high-definition H.264 video and AAC audio*.

L’étape suivante dans le processus de contrôle en amont de votre vidéo consiste à visionner la vidéo. Ouvrez la vidéo dans QuickTime ou le Lecteur Windows Media, installez-vous confortablement et regardez. En fait, regardez-la deux fois. La première lecture permet d’apprécier la vidéo purement et simplement. A la deuxième lecture, faites particulièrement attention à l’action dans la vidéo, à la qualité de l’image, aux couleurs et au son. Tous ces facteurs ont un impact considérable sur la compression finale effectuée dans Flash 8 Video Encoder.

A présent que vous savez ce que contient la vidéo, notez la longueur, les dimensions, la cadence et les codecs vidéo et audio qui ont été utilisés pour créer la vidéo. Pour rechercher ces paramètres dans le Lecteur Windows Media, choisissez Fichier > Propriétés (figure 1) ; pour rechercher ces paramètres dans QuickTime, choisissez Fenêtre > Afficher les infos de la séquence (figure 2).

Lecteur Windows Media

Figure 1 : le Lecteur Windows Media fournit de nombreuses informations à utiliser lors de la création du fichier FLV.

 

Quicktime

Figure 2 : Dans QuickTime, choisissez Fenêtre > Afficher les infos de la séquence pour consulter les propriétés de la vidéo.

Les dimensions et la cadence de la vidéo sont les critères les plus importants. Si vous envisagez de créer un fichier FLV plus volumineux que la vidéo originale, vous risquez de rencontrer des problèmes de qualité. Le redimensionnement d’une vidéo à une taille supérieure a le même effet que le redimensionnement d’une image Adobe Photoshop®. Ce sont les pixels qui sont grossis, ce qui nuit à la qualité de l’image. Examinez également le format. Le format d’une vidéo standard est 4:3. Si vous modifiez le format d’une vidéo, vous risquez de créer des distorsions.

L’histoire suivante illustre ce dernier point : il y a quelques mois, un utilisateur nous a contacté en nous accusant de diffuser des informations fallacieuses. Ses vidéos, d’après lui, ne fonctionnaient pas. En fait, elles subissaient des distorsions, alors qu’il utilisait un format 4:3. Les dimensions de la vidéo sur laquelle nous nous sommes penchés étaient 200 × 177. Pour qu’une vidéo soit diffusée parfaitement à chaque lecture, respectez les tailles mentionnées précédemment.

Ensuite, nous devons examiner la cadence. Les magnétoscopes professionnels et de nombreux caméscopes enregistrent et lisent la vidéo à une cadence de 25 images par seconde, conformément au format standard PAL. La norme de diffusion NTSC, couramment utilisée aux Etats-Unis, respecte quant à elle une cadence de 29,97 images par seconde. Aucune de ces cadences ne convient pour de la vidéo Flash. Une cadence de 25 ou 30 images par seconde est trop élevée pour un lecteur Flash. Pour une vidéo enregistrée à 29,97 ou 30 images par seconde, utilisez une cadence de 15 images par seconde lorsque vous créez le fichier FLV. Pour les vidéos conformes à la norme PAL, une cadence de 12 images par seconde est recommandée. Faites preuve de discernement : si la vidéo comporte de nombreuses accélérations et transitions, une cadence plus élevée sera plus appropriée. Dans ce cas, vous devez rechercher d’autres moyens d’optimisation, par exemple en réduisant la taille du fichier vidéo ou en diminuant le débit.

Si vous utilisez une vidéo de 640 × 480 par exemple ou plus grande, réduire la cadence permettra d’assouplir la lecture. L’un des auteurs crée de nombreux didacticiels vidéo. Ces didacticiels sont des enregistrements d’écrans QuickTime accompagnés d’audio, au format FLV, c’est à dire en 800 x 600. Dans ce cas, l’auteur essaye de minimiser les mouvements sur la vidéo (mouvements de la souris, panoramiques, zooms) et produit le fichier FLV à une cadence de 10 images par seconde.

Enfin, la plupart des codecs vidéo sont de type « avec perte », y compris le format DV et les codecs en ligne les plus utilisés, comme MPEG 4, H.264 et AVI. Cela signifie que des données sont perdues lorsque vous compressez la vidéo pour réduire la taille du fichier. Lorsque vous créez le fichier FLV, vous compressez davantage une vidéo déjà compressée. Cela revient à appliquer une compression JPEG à une image JPEG dans Photoshop ou Fireworks®. Le résultat final produit une vidéo un peu floue. Ces vidéos limpides que vous pouvez consulter sur certains sites ont sans aucun doute été tournées avec du matériel professionnel puis numérisées à l’aide d’un codec sans perte avant d’être encodées dans Flash CS3 Video Encoder. Avec Mac OS, les codecs sans perte les plus utilisés sont les codecs QuickTime Video et Animation d’Apple, et, pour Windows, le format AVI non compressé. Utilisez ces codecs lorsque vous modifiez ou composez votre film avant d’encoder au format FLV, afin que vous puissiez encoder une version finale aplatie de haute qualité au format FLV et que vous évitiez les encodages successifs susceptibles de nuire rapidement à la qualité. Votre principal souci est la taille du fichier FLV final, et non celle du fichier vidéo.

Si une société tierce vous fournit votre vidéo, demandez-lui d’appliquer un codec sans perte. Si vous utilisez Adobe After Effects®, Adobe Premiere® Pro ou même Final Cut Pro pour créer ou nettoyer la vidéo, nos recommandations sont les suivantes : Créez une vidéo QuickTime à l’aide du codec Video ou Animation ou bien, si la vidéo comporte une couche alpha, à l’aide du codec Animation en définissant la profondeur d’échantillonnage sur Millions +. Lorsqu’il s’agit de vidéos, nous avons remarqué que le format QuickTime produit des résultats bien supérieurs aux formats WMV et AVI.

Ne vous laissez pas tenter par le fait d’exporter la vidéo directement au format FLV à partir d’une application de montage vidéo. L’un des problèmes souvent rencontrés lors de l’exportation d’un métrage vidéo numérique (DV) directement depuis une application de montage vidéo est l’entrelacement, à savoir le partage de chaque image vidéo en deux trames indépendantes (avec lignes de pixels alternées), qui ruine l’encodage et génère des fichiers volumineux. Vous devez toujours produire une version non entrelacée (progressive) de votre vidéo avant de l’encoder au format FLV. Ainsi, vous éliminez les flous que peut générer l’entrelacement lors de la lecture sur les ordinateurs de bureau, les ordinateurs de poche et les téléphones (affichant en règle générale les vidéos sous la forme d’images progressives).

La décision finale de contrôle en amont consiste à cibler une version Flash Player. Bien que Flash Player 8 et maintenant Flash Player 9 connaissent un franc succès auprès du public, Flash Player 6 et Flash Player 7 restent utilisés par un plus grand nombre d’utilisateurs. N’oubliez pas non plus que de nombreux utilisateurs visualiseront votre travail au sein d’un réseau d’entreprise. Généralement, les services informatiques des entreprises sont plutôt lents à adopter les nouvelles versions Flash Player 8 ou Flash Player 9. Ils obéissent souvent à des règles assez contraignantes en matière d’installation de logiciels, même pour les modules externes de navigateurs Web, sur les ordinateurs qui sont la propriété de l’entreprise. Si votre public est principalement constitué de salariés d’entreprise, il est préférable d’utiliser Flash Player 6 ou Flash Player 7.

Le choix de la version Flash Player a un impact considérable sur la conception des projets et le codec que vous pouvez utiliser. Si vous envisagez d’utiliser Flash Player 8 ou Flash Player 9, vous pouvez :

  • Utiliser le codec On2 VP6.
  • Encoder et déployer une vidéo comportant une couche alpha.
  • Utilisez le composant FLVPlayback et les apparences que propose Flash Professional CS3.
  • Utilisez les composants d’interface utilisateur personnalisés FLVPlayback de Flash Professional CS3.
  • Ajoutez le composant FLVPlaybackCaptioning.

Si vous envisagez d’utiliser Flash Player 6 ou Flash Player 7, vous pouvez :

  • Utiliser le codec Sorenson Spark.
  • Utiliser les composants Media de Flash Player 6 et 7.

Utilisation de paramètres personnalisés

Suite au contrôle en amont, vous devez avoir une idée assez précise de la stratégie à adopter concernant la bande passante, la taille de la vidéo et la cadence (nombre d’images par seconde). Fort de ces informations, vous pouvez à présent concentrer vos efforts sur la création d’un fichier FLV.

La critique que nous recevons régulièrement est la suivante : « Bien que j’utilise toujours les valeurs par défaut, j’obtiens des résultats médiocres. Comment cela se fait-il ? » La réponse est simple. Les valeurs par défaut des paramètres de Flash 8 Video Encoder sont de simples approximations qui visent une utilisation générale.

Dans le panneau Paramètres de codage des vidéos Flash, vous devez :

  • Ignorer les profils de codage proposés.
  • Nommer le fichier. Le fichier est enregistré à l’emplacement de la vidéo que vous codez.
  • Cliquer sur l’onglet Vidéo.
paramètres avancés

Figure 3 : Ignorer les paramètres par défaut, nommer le fichier et cliquer sur l’onglet Vidéo

Cliquez sur l’onglet Vidéo pour ouvrir le panneau des paramètres de codage de vidéo Flash, où vous devez prendre quelques décisions cruciales, à commencer par le choix du codec à utiliser. Les deux codecs proposés dans le menu contextuel de codecs vidéo sont Sorenson Spark et On2 VP6. Comme nous l’avons expliqué précédemment, le codec que vous sélectionnez est directement lié à la version Flash Player que vous avez décidé d’utiliser. Choisissez On2 VP6 uniquement pour les projets destinés à la lecture à l’aide des lecteurs Flash Player 8 et Flash Player 9. Si votre projet contient une couche alpha, optez pour Flash Player 8 ou Flash Player 9. Pour Flash Player 7 ou une version précédente, votre seul et unique option est Sorenson Spark.

A présent, vous devez sélectionner la cadence du fichier FLV. Si vous cliquez sur le menu contextuel Images/sec, plusieurs options vous sont proposées, de la même cadence que la vidéo à encoder à une cadence de 30 ips. Reportez-vous aux notes que vous avez prises lorsque vous avez prévisualisé la vidéo dans QuickTime ou le Lecteur Windows Media. La cadence doit être égale à 12 ou 15 images par seconde pour la plupart des applications.

Remarque : comme toutes les règles, celle-ci peut être contournée. L’un d’entre nous a préparé plusieurs didacticiels vidéo à l’aide d’un logiciel de capture d’écrans. Ces captures sont habituellement réalisées aux dimensions physiques de 640 × 480 et, pour garantir une lecture souple dans le navigateur, la cadence des didacticiels vidéo est de 5 ips. Vous pouvez modifier la cadence en sélectionnant une valeur dans le champ Cadence ou en entrant la valeur à l’aide du clavier.

Images clés et taille de fichier

Le choix suivant concerne le placement des images clés. Les options de ce menu contextuel sont Automatique et Personnalisé.

A bien des égards, une vidéo s’apparente à une série d’images organisées dans un montage. Chaque image doit être dessinée, ce qui explique pourquoi les fichiers vidéo numériques peuvent être volumineux. Pour réduire la taille du fichier vidéo et la charge du processeur, la vidéo numérique utilise deux types d’images : les images clés et les images delta.

Une image clé dans une vidéo contient l’image entière. Une image delta (si vous pouviez la voir) contient uniquement les différences entre les images. Si vous filmiez un individu marchant le long d’un mur, l’image clé ressemblerait à une image Photoshop ; elle contiendrait la personne et tous les détails du mur. Une autre image, en revanche, ne contiendrait pas le mur car celui-ci ne changerait pas. Les données des images delta ne sont pas perdues ; elles sont simplement stockées pour être réinsérées dans l’image au moment de la lecture de la vidéo.

Il est essentiel de bien comprendre ce concept car il a un impact considérable sur la taille finale du fichier FLV. Supposons qu’une vidéo contienne uniquement des images clés et soit codée à une cadence de 15 ips. Si chaque image de la vidéo a une taille de 15 Ko, une seconde de vidéo correspond à 225 Ko. Appliquons maintenant une image clé par seconde. Ceci signifie qu’aux images 1 et 15, l’image complète est en place, mais que les 13 images intermédiaires sont différentes et que, pour notre exemple, chacune représente une taille de fichier de 5 Ko car les éléments qui ne changent pas ont été supprimés. La taille du fichier de cette séquence d’une seconde tombe à 95 Ko.

Les codecs On2 VP6 et Spark espacent encore davantage les images clés. Il n’est pas rare, par exemple, qu’une image clé soit insérée toutes les 300 images. Si vous faites le calcul, vous comprendrez aisément pourquoi les fichiers FLV se situent généralement autour de 10 % de la taille du fichier de la vidéo d’origine.

Sur 300 images d’une vidéo diffusée à un rythme de 15 images par seconde, une image clé est insérée toutes les 20 secondes de la vidéo. Sur la base de notre exemple précédent, la taille de la vidéo avec une image clé par seconde atteint 1,9 Mo. Un fichier FLV avec des images clés espacées toutes les 300 images produit une vidéo de 20 secondes dont la taille de fichier atteint 1,5 Mo.

L’autre facteur qui entre en compte dans la qualité FLV et les images clés est la quantité de mouvement dans la vidéo. Si la vidéo présente une course de Formule 1 ou contient de nombreux zooms ou panoramiques, les images clés doivent être plus rapprochées. Si la vidéo ne contient rien d’autre qu’un arbre dans un champ, les images clés peuvent être espacées sans perte de qualité. C’est la raison pour laquelle nous vous conseillons de visionner au préalable la vidéo avant de procéder au codage.

Ce qu’il faut savoir sur les supports numériques, c’est qu’il existe certaines règles à respecter lorsque vous utilisez les logiciels. La première règle est la suivante : laissez le logiciel faire le travail. A moins d’être un producteur de vidéo numérique expérimenté, il vaut mieux choisir l’option Automatique dans les paramètres de Flash CS3 Video Encoder. Lorsque vous sélectionnez Automatique, le codec explore la vidéo à la recherche des zones riches en mouvement (des bolides roulant à toute vitesse) ou peu de changements (un arbre dans un champ) et détermine automatiquement la position des images clés. La principale différence entre les codecs Spark et On2 VP6, mise à part la spécificité de la version Flash Player, c’est que le codec On2 VP6 effectue un meilleur traitement avec un nombre d’images clés inférieur à celui du produit Spark.

première étape

Figure 4 : la sélection du codec, de la cadence et de la position des images clés représente la première étape du processus.

Si la taille de vos fichiers FLV doit encore être réduite, nous vous conseillons d’utiliser le paramètre Automatique pour le positionnement des images clés en définissant un intervalle personnalisé. De manière générale, un intervalle de 5 secondes est un bon point de départ. Il suffit de multiplier la cadence souhaitée (sur la base de l’exemple ci-dessus, 15 images par seconde) par 5 (secondes) et d’entrer le résultat (dans notre exemple, 75 images) dans le champ Intervalle entre images-clés. Si la qualité de la vidéo est médiocre, réduisez l’intervalle d’une seconde (15 images) et renouvelez l’opération. Malheureusement, le meilleur moyen d’évaluer les différents paramètres des images clés est de produire des versions à des intervalles différents et de les comparer visuellement. N’est-ce pas pour cela que nous aimons tellement la fonctionnalité de traitement par lots dans Flash 8 Video Encoder ? Il suffit de configurer les rendus et l’ordinateur s’occupe du reste pendant que vous dormez.

La bande passante détermine le résultat. Le débit détermine la qualité.

Flash CS3 Video Encoder fait l’objet d’une confusion répandue : celle que les débits plus élevés se traduisent par une meilleure qualité. Dans un monde parfait où le fichier FLV serait stocké sur votre disque dur local, ce serait sans doute vrai, mais lorsque le réseau sépare les utilisateurs du fichier FLV, le débit devient un critère essentiel. Nous recevons régulièrement des liens vers des vidéos : le créateur du fichier FLV se demande pourquoi la qualité de la vidéo est médiocre, alors qu’il a paramétré le débit sur une valeur supérieure à 1 000 kbit/s. En fait, le débit ne s’applique qu’à la partie vidéo du fichier FLV.

Ce que vous devez avant tout savoir au sujet du débit, c’est que la vidéo contient généralement deux pistes : les images résident sur la piste vidéo et le son sur une piste distincte. Le débit de la vidéo n’est pas le même que le débit audio.

Le débit total d’un fichier FLV est la somme des débits vidéo et audio. Par exemple, le paramètre par défaut de Flash CS3 Video Encoder est Flash 8 - Qualité moyenne (400 kbit/s). Si vous ouvrez l’onglet Audio, vous pouvez constater que le débit du codeur Audio est défini sur 96 kbit/s. Aussi, le débit total du fichier FLV obtenu est égal à 496 kbit/s, ce qui convient mieux à un réseau d’entreprise qu’à la lecture sur le Web. Pour reprendre l’analogie du gardien de barrage présenté au début de l’article, avec ce débit, les vannes sont entièrement ouvertes et la ville située dans la vallée risque de connaître une journée difficile.

Quel est alors le débit parfait ? Dans une situation de haut débit, le total de la somme des débits vidéo et audio doit être inférieur à 350 kbit/s. En cas de faible débit (connexion modem), ce chiffre ne doit pas dépasser 100 kbit/s.

Ce qui nous amène à la deuxième question : quel est le débit idéal pour la seule partie vidéo ? N’importe quel débit compris entre 200 et 300 kbit/s pour le haut débit et entre 60 et 70 kbit/s pour les faibles débits.  Si la majorité du public visé se trouve sur un réseau local (un site Intranet ou une autre application Web interne), vous serez la plupart du temps tranquille avec un débit compris entre 400 et 600 kbit/s, mais ces débits nécessitent des environnements réseau et client/public presque parfaits pour contourner les contraintes de bande passante. Nous aimerions pouvoir vous donner un chiffre magique pour paramétrer le débit, mais les vidéos avec de nombreuses accélérations, de taille volumineuse et contenant de nombreux zooms et panoramiques peuvent nécessiter des débits plus élevés que les vidéos représentant simplement un arbre au milieu d’un champ. Vous devez trouver un équilibre entre la qualité esthétique, les limitations réseau et le contenu spécifique de votre vidéo pour obtenir d’excellents résultats.

débit

Figure 5 : Commencez avec un débit vidéo d’environ 300 kbit/s.

Il est facile de se laisser enthousiasmer par une lecture ultra-rapide des fichiers FLV encodés à des débits très élevés sur son ordinateur, voire sur un réseau LAN. Cependant, nous vous conseillons de tenir compte de l’utilisateur moyen et d’adopter des paramètres de débit qui reflètent les vitesses de connexion réelles du public.

Lorsque Flash Player ne peut pas diffuser normalement la vidéo en raison de problèmes de débit, très souvent il prend l’initiative de réduire la qualité de l’image et/ou la cadence. Ne laissez pas le trafic réseau et la vitesse conditionner la qualité de votre vidéo, et soyez prêt à faire des compromis pour choisir un débit encodé raisonnable pour chacun.

Le débit audio doit nécessiter également un choix judicieux de votre part. La décision à prendre est la suivante : faut-il choisir un son mono ou stéréo ? Nous vous conseillons un débit mono de 48 ou 64 kbit/s, non pas parce que nous avons des oreilles bioniques, mais parce qu’une piste audio mono nécessite une bande passante moins importante. Faites preuve de pragmatisme lorsqu’il s’agit de choisir entre le son mono ou stéréo. Si la piste audio se limite à une voix qui parle, 48 kbit/s convient parfaitement ; en revanche, si le métrage contient un son plus complexe (par exemple, des bandes son, de la musique ou des effets sonores), vous devez choisir un débit bien supérieur à 64 kbit/s pour conserver les nuances importantes de votre piste audio. Cependant, soyez réaliste : l’utilisateur moyen ne fera pas la différence entre le son stéréo et mono, tout simplement parce que les haut-parleurs utilisés sont souvent des produits bas de gamme.

son mono

Figure 6 : La plupart du temps, un son mono suffit pour vos vidéos Flash.

Remarque : si vous voulez vraiment apprendre à utiliser toute une gamme de paramètres et aller plus loin que les principes de base exposés dans le présent article, consultez l’extraordinaire calculateur de débit vidéo Flash de Robert Reinhardt.

Que faire maintenant

Nous espérons vous avoir sensibilisé aux subtilités et aux décisions à prendre lors de la création d’un fichier FLV pour une lecture dans Flash Player. Comme nous l’avons vu, ce processus implique davantage de décisions que le simple choix d’un paramètre prédéfini dans Flash CS3 Video Encoder suivi d’un rendu du fichier FLV.

Avant de vous quitter, un dernier conseil. Les propositions que nous vous faisons n’ont qu’une valeur indicative. N’hésitez pas à faire des essais. En termes de vidéo Flash, la règle d’or de la physique des médias numériques est d’essayer. à chaque action correspond un effet indésirable. Nous vous avons fourni un point de départ et nous espérons vous avoir donné la confiance nécessaire pour comprendre les aléas de la vidéo, notamment les arrêts/redémarrages intempestifs, les flous ou les problèmes de pixels. Vous saurez comment y remédier.

Pour plus d’informations sur la vidéo Flash et le codage, consultez les ressources suivantes :

A propos des auteurs

Tom Green is a professor of interactive multimedia at the Humber Institute of Technology and Advanced Learning in Toronto, Ontario. He is the author of several best-selling books in the area of Flash and Flash technologies. His latest book is Foundation Flash CS3 for Designers, coauthored with David Stiller, and he recently completed an updated version of Foundation Flash CS3 Video, which will be available early in 2008. Tom has completed DVD videos for Lynda.com and Adobe Systems, and is a partner at Community MX and regular contributor to Digital-Web.com. He is also an active member of the Adobe Community Experts Group, speaking at conferences and seminars around the world and contributing regularly to the Adobe Developer Connection in the areas of Flash and video technologies.

Scott Fegette is the Technical Product Manager for Dreamweaver at Adobe - focusing on web standards, community outreach and developer relations. Alongside speaking across the globe on web development and design, video production and online communities, Scott's also a professional musician and independent photographer in his off-hours.