
Huan Tran est constamment en mouvement. Qu'il parcoure le monde, explore les environs de Toronto ou laisse libre cours à son imagination, Huan Tran est toujours en quête d'inspiration, posant des questions et examinant les choses sous un nouveau jour. Le nom de son studio, Leaking Faucet, n'a pas été choisi par hasard et reflète bien le personnage car, comme sa créativité, son cerveau est constamment en ébullition.

« Je suis attiré par les travaux conceptuels qui dégagent une émotion et jouent énormément avec les contrastes. »
Pour trouver l'inspiration, je m'évade de mon univers quotidien, car être dans un environnement ordinaire ne peut que générer des idées ordinaires. J'aime observer la manière dont les autres travaillent et interagissent dans une situation donnée. Cela m'oblige à réagir, à répondre et à réajuster mon point de vue.
Bien avant d'esquisser quoi que ce soit, je lis — j'étudie le secteur d'activité de mes clients, leurs difficultés, leur clientèle — et pose quantité de questions. Peut-être dois-je cette insatiable curiosité à ma formation en informatique et en philosophie, ou à ma fascination innée pour le mécanisme de fonctionnement de toute chose.
Avant de démarrer un projet, j'aime réfléchir sur des concepts dignes d'intérêt, mais aussi explorer leur potentiel pour créer une illustration capable de véhiculer ces idées. Après quantité de griffonnages, gribouillis et notes dans la marge, je finis par produire une esquisse linéaire qui servira d'épreuve pour mon image.

Pour ce projet qui revisite « La naissance de Vénus », j'ai été attiré d'emblée par la thématique de l'amour et des tracas. L'amour est malicieux et audacieux, pourtant il semble souvent être à l'origine de tracas. J'ai voulu le prouver en présentant une série de cupidons se retrouvant en mauvaise posture après avoir quitté le cœur de Vénus.
Je ne souhaitais pas m'arrêter là, mais introduire divers contrastes. Je suis fasciné par les contrastes, la juxtaposition de contours flous et nets, de textures et d'images planes, ou encore de tonalités sombres et lumineuses.
Pour cette création, j'ai utilisé nombre de fonctionnalités apparues dans Adobe® Illustrator® CS5 ainsi que les nouveautés d'Illustrator CS6, souhaitant donner à mon projet une dimension organique, à base de tracés à main levée.
Le corps de Vénus est rendu dans un style pictural délicat rendant hommage à l'œuvre originale de Botticelli, tandis que les éléments qui flottent, volent et tourbillonnent autour d'elle affichent un style plus graphique et moderne.
J'aime démarrer un projet en le dessinant intégralement. Je multiplie les épaisseurs, styles et transparences jusqu'à obtenir les traits souhaités.
Il est difficile de décrire la manière dont je construis et crée une image. J'aurais du mal à vous faire partager les différents stades de ma réflexion, mais je peux vous expliquer comment je me sers de certaines fonctionnalités Adobe Illustrator pour y apporter la touche finale.

« Je pense que derrière la meilleure œuvre qui soit, il y a un concept qui vous fait réfléchir — qui vous oblige à marquer un temps d'arrêt — et vous défie d'y regarder à deux fois. »

Pour Vénus, le coquillage et la queue de baleine, je souhaitais des traits plus organiques, dessinés à main levée. Pour les autres traits, je les préférais plus mécaniques et graphiques par nature. Pour les traits plus organiques, j'ai appliqué l'un des profils d'épaisseur par défaut d'Illustrator CS6, puis j'ai utilisé l'outil Largeur pour ajuster et perfectionner le contour, avec des points tour à tour très épais ou très fins.
J'aime ajouter des textures à mon travail et, pour ce faire, j'ai numérisé une éclaboussure d'encre que j'ai convertie en tracés vectoriels avec la nouvelle fonction Vectorisation de l'image d'Illustrator CS6.
L'éclaboussure en question comportait plusieurs centaines de formes vectorielles. Pour économiser de l'espace disque, je l'ai convertie en symbole. J'ai donc sélectionné le groupe éclaboussure, puis je l'ai fait glisser sur le panneau Symboles pour créer un nouveau symbole que j'ai baptisé « Éclaboussure ».
Une fois le symbole créé, j'en ai ajouté autant que je le souhaitais sur l'image, en les faisant pivoter et en les inclinant pour les faire tenir. En créant un symbole de l'éclaboussure, j'ai réduit la taille du fichier image d'environ 12 Mo.

« Un rendu qui prenait auparavant une demi-heure, voire plus, s'opère aujourd'hui en quelques secondes à peine grâce à la nouvelle compatibilité native 64 bits d'Illustrator CS6. La rapidité d'exécution facilite grandement mon processus de création. »
J'ai vectorisé certaines formes et d'autres non. Certaines sont nettes, alors que d'autres sont floues et défraîchies. Pour obtenir des bords flous, j'ai appliqué l'effet Contour progressif à l'objet.
Pour les arbustes épineux blancs au bas de l'image — symboles de la protection de l'amour — j'ai donné de la texture aux formes en repoussant l'éclaboussure sur les bords de la plante grimpante avec Pathfinder.


« Il est fascinant de découvrir ce qu'il est aujourd'hui possible de réaliser avec de nouveaux outils — de constater à quel point la technologie, la société et la créativité jouent un rôle moteur. Je suis toujours emballé par la perspective d'utiliser Adobe Illustrator pour tester de nouvelles idées et prendre de nouveaux risques professionnels. »

