Chaud-froid, sucré-salé, bruit-musique, arôme-effluve, rouge-violet-orangé-bleu-verdâtre-ocre jaune
Comparable à nos autres sens - le toucher, le goût, louïe, lodorat, notre vision des couleurs est le résultat dune sensation. Nous prévenons les personnes pleines de certitudes que la suite peut leur provoquer des troubles du comportement.
Notre oeil, tel un scanner, réagit à la réception de lumière et transmet un message à notre ordinateur, le cerveau. Ces informations y sont décodées pour nous restituer des sensations que nous nommons « couleurs ».
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Comparable à nos autres sens - le toucher, le goût, louïe, lodorat, notre vision des couleurs est le résultat dune sensation.
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Conclusion : nous ne voyons pas les couleurs avec nos yeux, mais avec notre cerveau ! (premier électrochoc)
Justification : les couleurs nous viennent de la lumière. Pas de couleurs sans lumière. Exemple de base : la lumière solaire est composée de matière, les photons, particules génératrices dénergie qui se propage dans lespace à 300 000 km par seconde selon un phénomène ondulatoire. Les couleurs que nous percevons sont issues de ces « vibrations dans lespace ». Mais, ni les particules, ni les ondes ne sont en couleurs. Autre conclusion : la couleur nexiste pas ! (second choc).
Nous allons donc disserter, contester, chicaner, sagiter sur un sujet qui nexiste pas. Vous ne zappez pas ? Je continue.
Par réflexe primaire, nous voyons les couleurs, donc elles existent. Mais tout ce que nous voyons est-il réel ? Notre reflet dans le miroir existe-t-il ailleurs que dans notre esprit ? (nouveau choc
il insiste, linsolent !).
Quelle impertinence ! À ce stade avancé du discours, la foule scande « des preuves ! des preuves !! »
Alors ? Doù vient cette sombre histoire en couleurs ?
Dès le dix-septième siècle, Isaac Newton (1) démontrait le phénomène suivant : un rayon de soleil traversant un prisme en verre, par réfraction, produit un effet coloré darc-en-ciel et met en évidence la décomposition de la lumière dite blanche sous laspect du « spectre visible ». La lumière blanche est donc un mélange de toutes les couleurs additionnées.
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La lumière est classée parmi les ondes électromagnétiques qui circulent dans notre univers. Nous y trouvons des radiations très nocives pour notre santé telle que les rayons X (utilisées en radiologie) ou rayons Gamma (produits par une explosion nucléaire) mais également des ondes plus gentilles captées par nos radios, télés, radars
et même les rayonnements de nos fours à micro-ondes.
Au milieu de toutes ces vibrations, seule une zone très étroite de longueurs dondes, située entre environ 380 et 750 nanomètres, représente la lumière visible « en couleurs » par lêtre humain. Et seulement par lêtre humain (et quelques singes selon nos connaissances actuelles. Ne zappez pas, il y a une suite plus bas).
En effet, dans les limites de ce spectre, notre système visuel, oeil et cerveau, traduit lénergie lumineuse reçue en sensations de « couleurs ». La sensation, donc la couleur perçue, varie selon la, ou les longueurs dondes captées par loeil.
La lumière solaire contient également des radiations hors de ces limites : les rayonnements infrarouges dont nous ressentons la chaleur, de longueurs dondes au-delà de 750 nm, et les ultraviolets, responsables des coups de soleil, qui sévissent dans les longueurs dondes inférieures à 380 nm. Notre chère couche dozone, heureusement, en arrête 96 %.
Ces radiations, IR et UV, sont invisibles par loeil humain. Des animaux y sont sensibles : certains prédateurs tels que les serpents, détectent leur proie dans le noir total uniquement par la présence des radiations infrarouges quune souris émet par son dégagement de chaleur naturel.
Le serpent ne repère pas la souris avec ses yeux, il « ressent » un déplacement de chaleur grâce à dautres organes détecteurs, ses faussettes labiales, sortes douies « à lécoute des infrarouges ».
Mais il est inutile de parler de « nos couleurs » avec ce même serpent car il ne reconnaît pas de sensations « colorées » en présence de notre spectre visible. En échange, nous avons convenu de ne pas chasser les souris la nuit. Chacun son domaine (2).
Et comment ça marche ?
La rétine de notre oeil est tapissée de cellules photosensibles de deux types : les cônes et les bâtonnets. Ces « capteurs », stimulés par lénergie des photons, réagissent comme des cellules photo-électriques et produisent des courants dintensités variables selon la nature de la lumière reçue. Des informations codées sont ensuite transmises par le nerf optique à une région spécialisée du cerveau dans laquelle les messages sont décodés pour produire les sensations que nous nommons « couleurs ». Cest donc bien dans le cerveau que se créent les couleurs ! Les yeux ne sont que les récepteurs de la lumière.
Les cônes réagissent aux différences de longueurs dondes et nous apportent ainsi la notion de variété de couleurs. Les cônes sont de trois familles par leur pigmentation rouge, verte ou bleue. Grâce à ces filtres, comme dans un scanner, la sensibilité des cônes est sélective à trois zones du spectre : les ondes longues stimulent les cônes rouges, les moyennes, les cônes verts, et les ondes plus courtes excitent les cônes bleus.
Notre vision du spectre peut donc se résumer à ces trois couleurs « primaires », le Rouge, le Vert, et le Bleu, sources lumineuses du mode additif RVB. Ce principe de la trichromie régie tous les procédés de reproduction : une gamme importante de couleurs peut être restituée à partir de trois couleurs primaires seulement puisque notre système visuel fonctionne selon ce principe.
Second type de cellules photosensibles, les bâtonnets, sont inactifs en pleine lumière. Ces capteurs ne réagissent quaux faibles intensités de lumière, ce qui nous permet la vision nocturne. Réactifs à lintensité lumineuse, ils nous procurent la notion de luminance (clair ou foncé), mais insensibles aux différences de longueur dondes, les bâtonnets ne nous fournissent aucune information sur la couleur. Ainsi, si nous ne possédions que des bâtonnets, et pas de cônes, comme la majorité de nos animaux familiers, nous verrions les couleurs
en noir et blanc ! Cest le cas, par exemple, de votre chien, mammifère pourtant génétiquement proche de nous, à qui vous souhaitez offrir une belle baballe rouge. Si vous trouvez une baballe gris neutre moins chère, nhésitez pas, vous remporterez le même succès auprès du Youki quavec la rouge.
Les cônes assurent notre vision des couleurs à condition que la lumière ambiante soit dune intensité suffisante. Lorsque le jour décline, la sensibilité des cônes diminue et les bâtonnets prennent le relais, ce qui occasionne une baisse de notre perception colorée. Doù le dicton : « la nuit, tous les chats sont gris ». Pourtant, les chats ne se décolorent pas la nuit venue ! Une nouvelle preuve que la couleur nexiste pas, cest notre perception qui se modifie. Et nous arrêterons là le défilé de la ménagerie.
Alors, quexiste-t-il réellement de la couleur ?
Tentative de réponse : une surface colorée dégage de lénergie sous la forme de vibrations. Selon la perception de chacun, ces vibrations génèrent une sensation variable.
Ainsi, dans la rubrique « le saviez-vous », des non-voyants sont capables de reconnaître des couleurs (troisième choc du jour). Au touché, la sensation au contact dune surface bleue est différente dune surface jaune et cette perception peut être mémorisée. Pour les « bon-voyants », la couleur est donc bien « une vue » (notre oeil) « de lesprit » (notre cerveau). Quant au Youki devant nos couleurs, na-t-il pas dautres sensations que nous nimaginons même pas ? Les vibrations du rouge de la baballe ne sont-elles pas plus agréables sous la dent comparé au gris neutre ?
Et si tout nétait quillusions ? Êtes-vous bien sûr dexister devant votre écran ? (dernier choc pour aujourdhui).
Merci de votre attention. Jattends vos insultes par mail à tugraph@wanadoo.fr
(1) Quoiquen dise la rumeur au sujet dune pomme et de lattraction universelle, Newton nest pas le créateur dApple, revisitez vos dicos, encyclopédies et sites Web pour confirmation.
(2) Nous avons un accord semblable avec les abeilles au sujet de la fabrication du miel. Elles détectent le pollen des fleurs grâce à leur sensibilité aux ultraviolets, capacité que nous navons pas souhaité développer afin de ne pas empiéter sur leur champ daction.