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Il n'y a pas si longtemps, il paraissait tout à fait possible que le support imprimé soit très vite appelé à tomber en désuétude. La cyberélite proclamait haut et fort que les pixels auraient raison des picas, que le numérique supplanterait le manuscrit et que les écrans plasma et leurs successeurs règneraient en maîtres dans différentes disciplines — conception, élaboration de contenus, publicité et peut-être même art.

Il semblerait néanmoins que les rumeurs sur la disparition du support imprimé aient été grandement exagérées. En réalité, la technologie numérique et l'interactivité, supposées l'évincer, ont fini par le revigorer.

Les exemples sont légion dans tous les domaines. Avec les technologies évoluées d'impression numérique, tout peut servir de support ou presque — un immeuble gigantesque, un avion ou un aimant fin comme du papier à cigarette. Quant aux outils d'Adobe® Creative Suite® que les graphistes exploitent au quotidien, leur niveau d'intégration est tel qu'il permet de passer aisément de l'impression au web et à la vidéo — et inversement.

"Avec la technologie numérique, on fait dans l'inédit", admet Simon Wooller, responsable de création chez Saatchi Danemark. "L'impression offre alors des possibilités incroyables."

LIRE LES SUPPORTS IMPRIMÉS — ET ROULER DESSUS
Lorsque Simon Wooller reconnaît que le numérique a ouvert de nouveaux horizons, ne croyez pas qu'il fait uniquement référence aux outils magiques d'Adobe Photoshop. Il fait aussi allusion au fait que la technologie numérique a replacé l'interactivité au cœur des communications, ce qui marque un "retour à la normale" pour la plupart des individus — les produits et services étant commercialisés via des argumentaires de vente personnalisés créés à la volée, exploitant des informations pertinentes et entretenant, avant tout, un véritable dialogue.

"L'interactivité, c'est aussi la manière dont on définit aujourd'hui une campagne", précise Simon Wooller. "Plus on se met à la portée du public, plus on gagne en efficacité." D'après Simon Wooller, l'interactivité équivaut à une force de persuasion, tous médias confondus — campagnes en ligne, virales, électroniques et imprimées. Et elle est de plus en plus répandue, que ce soit sous forme de panneaux affichant les résultats de sondages téléphoniques ou de miroirs grâce auxquels il devient possible d'essayer virtuellement un bijou.

Pour les besoins d'une campagne publicitaire Quiksilver mise au point par Simon Wooller, l'interactivité avec le public cible, en l'occurrence le skateur citadin, s'est déclinée sur les arrêts de bus. Concrètement, il s'agissait de permettre aux adeptes du skateboard de pratiquer quelques figures et sauts ("ollies" notamment) sur ces derniers. Le slogan de Quiksilver, “Original thinking”, figurait bien en évidence sur une rampe fixée sur le côté de chaque arrêt, à disposition des skateurs pour s'entraîner. Ce chef-d'œuvre de média tactique a prouvé l'originalité de la marque, bien plus que tous les discours.

Saatchi Danemark pousse l'interactivité à l'extrême : pratique de figures et sauts ("ollies") sur les arrêts de bus.