

Dans ce monde-là, un épineux coteau verdoyant s'avère être une simple feuille de géranium. Et un paysage extra-terrestre, digne d'un scénario de science-fiction, la vue en gros plan d'une bactérie. "L'observation d'échantillons au microscope à balayage électronique révèle des structures surprenantes", précise Oliver Meckes. "La nature est un art."
À l'issue d'une phase de préparation méticuleuse, l'échantillon est placé sous le microscope à balayage électronique pour observation ; il est possible de le faire pivoter et de l'agrandir jusqu'à 50 000 fois. À ce stade, il faut encore trouver la perspective adéquate, c'est-à-dire choisir la composition — un processus minutieux. "En règle générale, il faut compter une demi-journée avant de trouver l'angle de vue approprié", ajoute Oliver Meckes.
Sitôt la numérisation effectuée, Oliver Meckes et Nicole Ottawa transfèrent les données sur ordinateur et importent les images dans Photoshop ; le processus de coloriage numérique peut alors commencer. Oliver Meckes et Nicole Ottawa peignent chaque élément sur une couche alpha distincte, certaines images en nécessitant pas moins de 12. Après avoir colorié les différentes couches alpha de la première numérisation, ils superposent deux autres numérisations du même objet sous forme de calques Photoshop afin d'obtenir une seule image donnant une "incroyable impression de profondeur".
"La couleur est, pour nous, un moyen créatif et harmonieux de parvenir à la beauté", souligne Nicole Ottawa. Le duo demeure — autant que possible — fidèle aux couleurs de l'échantillon. "Nous nous efforçons toujours de trouver un juste équilibre entre recherche scientifique et beauté artistique", conclut Nicole Ottawa. "Parce que l'imagerie numérique ne ment jamais." ![]()
Kimberly Grob est la rédactrice en chef d'Adobe Magazine.