

Comment vous y êtes-vous pris ?
Nous avons créé une bibliothèque graphique en C++ dans laquelle nous avons introduit les données du site web Ask.com. En fonction des données recueillies, nous avons dessiné une police de caractères spéciale, converti une forme de lettre en objet 3D, bref, nous nous sommes fait plaisir. Nous avons eu tout loisir de transformer les données, de les animer et de les mettre à l'échelle.
Ce que j'aime dans ce projet, c'est qu'il joue sur les proportions et les mises à l'échelle. Nous avions certes déjà intégré des éléments d'identité visuelle — logos et autres — pour le compte de plusieurs sociétés mais c'était la première fois qu'on nous demandait de créer un projet original mettant en lumière un aspect de l'activité du client — en l'occurrence Ask.com et le concept d'information.


Vos projets comportent-ils tous des interactions physiques ?
Nous nous efforçons constamment de faire abstraction des outils informatiques pour tester de nouvelles formes d'interaction. Nous voulons que les gens bougent. Concrètement, nos projets doivent être suffisamment simples et intuitifs pour que tout le monde se prenne totalement au jeu. Nous exigeons énormément de nos utilisateurs en termes de participation, mais pas en termes d'apprentissage.
Vos projets sont intéressants car ils semblent vouloir se détacher de l'univers hors ligne.
C'est vrai, il existe un tas de jeux informatiques inspirés du monde réel — l'un d'eux, consacré au snowboard, simule les inclinaisons du corps sur la gauche et la droite tandis qu'un autre, dédié au basketball, tente de reproduire les dribbles. Mais ces jeux sont, à mon sens, extrêmement décevants. Le snowboard ne se résume pas à des contorsions. À mon avis, un jeu simple, qui ne cherche pas à mimer une expérience, a davantage de chances d'être un succès car l'utilisateur n'en attend rien de particulier. Il apprend sur le tas. "Il y a un pavé : je peux le pousser avec mon pied pour le déplacer." On a tout à gagner en explorant un espace interactif pour lui-même.
Comment vous est venu cet intérêt pour les jeux ?
Tout est venu de mon goût pour l'interaction. J'ai compris que le jeu était l'espace rêvé car on n'est soumis à aucune contrainte ni aucune règle de conception — par exemple, il n'est pas nécessaire d'utiliser des menus ou des onglets. Le jeu laisse une grande place à l'exploration de l'espace interactif.