2017, année de l’influenceur-roi.

Quand je pense à l'année écoulée, je me demande ce que 2018 nous réserve. À peine les festivités sont-elles terminées qu’une année nouvelle nous attend et, avec elle, son lot de bonnes résolutions. D’après une étude menée par le Statistic Brain Research Institute, 41 % des Américains ont pris de bonnes résolutions aussi diverses que variées : perdre du poids, profiter davantage de la vie ou mieux gérer ses finances (les trois priorités citées). Et votre entreprise, quelles bonnes résolutions a-t-elle prises pour l’année à venir ? Si vous vous demandez à quelles tendances marketing allouer — ou non — vos dépenses marketing cette année, voici trois nouvelles tendances que je vous invite à suivre de près.

1. Marketing d’influence

Dans de récents billets, j’ai évoqué le pouvoir de persuasion des influenceurs sur le choix des cadeaux de Noël et, d’après une enquête menée par Variety, huit adolescents interrogés sur 10 jugent ces « stars des réseaux sociaux » plus influentes que les célébrités.

Chelsea Krost (@chelseakrost) est l’une de ces influenceuses, capable de décrypter mieux que personne la génération Y. Voici ce qu’elle dit du marketing d’influence et de l’attrait exercé par les influenceurs dans un entretien qu’elle m’a accordé :

Dans un monde désormais régi par les réseaux sociaux, les consommateurs de la génération Y se tournent vers leurs semblables ou vers d’autres influenceurs pour prendre des décisions d’achat éclairées. Les jeunes générations, aujourd’hui, raffolent du contenu collaboratif, ce contenu créé par les consommateurs pour livrer un éclairage sur les produits, les expériences et les marques. Les vidéos collaboratives sur YouTube recueillent 10 fois plus de vues que le contenu créé et mis en ligne par les marques elles-mêmes. J’estime que les réseaux sociaux sont vraiment devenus un « bouche à oreille digital » efficace. La génération Y, friande d’authenticité dans les argumentaires de marque, juge ses semblables plus susceptibles de faire preuve d’honnêteté dans l’évaluation d’un produit. Les consommateurs aujourd’hui préfèrent échanger avec une marque plutôt que de se voir imposer son discours. Ils attendent d’elle qu’elle suscite leur intérêt et les amuse, au lieu de leur vendre ses produits. Pour toutes ces raisons, il est essentiel qu’une marque se rapproche d’influenceurs partageant les mêmes affinités afin de sélectionner avec soin un contenu collaboratif « parlant » pour leurs abonnés sur les réseaux sociaux, tout en étoffant ses messages clés. À mon sens, le marketing d’influence profite à la fois à la marque et au consommateur ! (Chelsea Krost, entretien avec Joe Martin)

D’après SocialPR Chat, 74 % des marketeurs prévoient de recourir au marketing d’influence cette année, taux qui progressera sans doute encore puisqu’ils tablent sur un retour sur investissement de 6,85 $ pour chaque dollar investi dans le marketing d’influence.

2. Le ciblage psychographique préféré au ciblage démographique

Le ciblage générationnel est parfois le mieux indiqué ; ne négligeons par pour autant l’intérêt du ciblage psychographique. J’ai eu l’occasion de l’évoquer dans un précédent billet : d’après eMarketer, seulement 18 % des Américains ne possèdent pas de smartphone. Sachant, par ailleurs, que 68 % des Américains sont sur Facebook — le premier réseau social —, on peut en déduire qu’un marketing technologique se révèle plus judicieux qu’un marketing générationnel.

Marsha Collier (@marshacollier), que Forbes intègre à son classement des dix premiers visionnaires, s’exprimait en ces termes lors d’un récent entretien qu’elle m’a accordé :

Le profil psychographique de votre clientèle correspond, plus précisément, à ses comportements et centres d’intérêt. Comment agit-elle ? À quoi est-elle sensible ? Si vous faites uniquement reposer votre stratégie commerciale sur les centres d’intérêt ressortant d’une segmentation démographique, c'est l'échec assuré. Avoir 18 ans ne signifie pas nécessairement être féru de technologie. Basé sur l’analyse du comportement de votre clientèle, le profil psychographique de celle-ci peut donner de bien meilleurs résultats que le profil démographique. En ciblant votre clientèle en fonction de ses centres d’intérêt, vous pouvez multiplier les méthodes et outils pour entrer en contact avec elle. Les données psychographiques aujourd’hui à disposition des entreprises — et la possibilité de cibler des publicités en fonction d’une attitude, d’un besoin, d’une préférence ou d’une affinité technologique — ouvrent infiniment plus de possibilités aux marketeurs qu’auparavant. (Marsha Collier, entretien avec Joe Martin)

3. L’ère « SoMoVid » (réseaux sociaux, mobilité et vidéo)

Si ces trois registres connaissent individuellement un essor sans précédent depuis un certain temps, ces deux dernières années, Facebook Live, Snapchat, Periscope, Instagram Video, YouTube Connect et autres réseaux « SoMoVid » ont donné lieu à plus de 8 milliards de vues rien que pour les vidéos publiées sur Facebook.

Voici ce que pense le roi des réseaux sociaux et de la vidéo, Brian Fanzo (@isocialfanz), du phénomène « SoMoVid » :

Nous vivons dans un monde régi par le concept du mobile à la demande, où l’appareil mobile est devenu un équipement incontournable pour la consommation de contenu. Mais aujourd’hui, il devient aussi incontournable pour la création de contenu. Je suis convaincu que l’envolée du phénomène « SoMoVid » a contribué à supprimer ou réduire les barrières entre les marques/entreprises et leurs communautés de clients. Pour mettre véritablement à profit la toute puissance du « SoMoVid », vous devez admettre que la perfection est une utopie et le contrôle une illusion, permettant aux clients de se familiariser avec les acteurs et les vulnérabilités qui font la grandeur de la marque. L’avenir de la création de contenu, que des technologies comme la réalité virtuelle et la réalité augmentée rendront autonome, est plein de promesses. J’estime cependant que pour réussir, une marque doit au préalable adopter une mentalité et une expérience « SoMoVid », lesquelles serviront de tremplin à la création de contenu dans une réalité nouvelle. (Brian Fanzo, entretien avec Joe Martin)

À l’ère « SoMoVid », il conviendra également de garder un œil sur l’intégration de la RV et de la RA. Nous avons pu le constater l’an dernier avec la folie « Pokémon GO », l’appétence pour de nouvelles technologies intégrées à nos smartphones est réelle.

Perspectives

L’année 2018 sera une année riche en bouleversements. Dans le domaine marketing, soyez attentif à la montée en puissance des influenceurs, du ciblage psychographique et du phénomène « SoMoVid », et à la manière dont ceux-ci transformeront votre entreprise. Permettez-moi pour finir une dernière prévision : je parie qu'il vous sera dix fois plus facile de trouver un influenceur prêt à faire une vidéo Periscope sponsorisée que de vous mettre vraiment au régime ! Pour ma part, je rêve d'une console Atari et d'une suite à la série télé « Les Craquantes ».


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