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La photographie surréaliste exprime des idées surgies de l’inconscient, des rêves et des émotions. Les œuvres d’artistes contemporains comme Brooke Shaden et Kyle Thompson sont des exemples de réalisations surréalistes. Leur travail consiste à créer des images oniriques en utilisant des méthodes modernes pour perpétuer la tradition du surréalisme. Découvrez plus en détail comment vous lancer dans la photographie surréaliste et saisir un instantané du subconscient qui n’obéit à aucune logique et ne suit aucun modèle.
Le surréalisme est un mouvement artistique né au début des années 1920. En 1924, André Breton publie le Manifeste du surréalisme, où il définit le mouvement comme un « automatisme psychique pur… en l’absence de tout contrôle exercé par la raison, en dehors de toute préoccupation esthétique ou morale ». Le surréalisme s’exprimait alors à travers le théâtre, la littérature, la poésie et les tableaux de peintres célèbres, comme René Magritte et Salvador Dali.
Le surréalisme est différent de l’art abstrait. Ces deux mouvements sont certes en rupture par rapport à l’art strictement figuratif, mais ce sont deux approches distinctes. L’art abstrait utilise des couleurs, des formes, des textures, etc., pour évoquer des sentiments ou des idées. Les images du surréalisme sont reconnaissables, mais se présentent souvent d’une manière inhabituelle. Une photo de cubes évocatrice ? C’est de l’art abstrait. Un immeuble entièrement constitué de mains ? C’est du surréalisme. « Le surréalisme est toujours relié au réel d’une manière ou d’une autre. Même si ce n’est pas réaliste, on doit pouvoir y croire », indique Tina Tryforos.
« Les images surréalistes sont généralement oniriques et alimentées par l’inconscient, remarque Tina Tryforos. Elles sont souvent composées d’éléments divers assemblés de manière inattendue. » Les images surréalistes contiennent presque toujours des éléments reconnaissables (visages, montres, pommes…), mais présentés de manière insolite. Les montres peuvent être molles, comme dans le tableau de Dalí intitulé La Persistance de la mémoire, ou une pomme peut flotter devant le visage d’un homme, comme dans une toile de Magritte, Le Fils de l’homme.
Le surréalisme se sert du monde réel pour le transformer en monde imaginaire. « D’un point de vue logique, les choses n’ont pas toujours du sens, commente Tina Tryforos. Elles sont parfois gênantes, étonnantes ou effrayantes, mais elles peuvent aussi être ludiques et amusantes. » Dans une certaine mesure, les surréalistes peuvent avoir du sens, mais à l’instar des images abstraites, elles relèvent principalement de l’expressivité et d’un ressenti profond que nous ne pouvons pas forcément expliquer.
La première génération des surréalistes, parmi lesquels figuraient Dalí et Breton, se serait probablement opposée à l’idée de règles. Toutefois, comme pour tout mode d’expression, il existe des conventions, des instructions et des points à garder à l’esprit pour obtenir des images réussies.
Viser un objectif, une réaction et une expressivité contribuera largement à créer une image qui désoriente ou paraît inhabituelle. « J’aime réaliser des choses qui semblent impossibles, mais qui sont clairement possibles, puisque vous me voyez les faire, témoigne John Spannos, photographe et designer. Tout repose sur une planification méticuleuse des images. Vous devez déterminer précisément tous les éléments dont vous allez avoir besoin pour constituer l’image finale. »
Cette règle s’applique également aux œuvres surréalistes dans lesquelles le hasard joue un rôle. Des pratiques comme l’écriture automatique ou le photomontage, réalisé à partir d’images choisies à la va-vite, sont des piliers du surréalisme, mais elles intègrent toujours un élément humain : elles reflètent souvent l’inconscient. « Le hasard fait partie de mon processus, mais je le maîtrise aussi », déclare Tina Tryforos.
« Vous avez le droit d’enfreindre les règles, admet John Spannos, mais faites-le dans un but stratégique. Ça ne doit pas arriver par hasard. Transgressez volontairement les règles. »
La retouche a toujours eu un rôle plus important dans la photographie surréaliste que dans les autres styles de photo. Le photomontage et la juxtaposition d’images dissonantes ou dérangeantes sont des incontournables du surréalisme. Toutefois, même lorsque vous créez des photos qui puisent dans l’imaginaire, vous devez veiller à ce que le résultat soit crédible, même s’il n’est pas réaliste. « Si les retouches sont visibles, observe John Spannos, c’est que vous n’y avez pas consacré assez de temps. Familiarisez-vous avec votre application. Apprenez le fonctionnement de Photoshop et n’en ayez pas peur. »
Les erreurs de retouche peuvent annihiler l’impact émotionnel global d’une image surréaliste. Le moindre faux pas peut diriger l’œil vers un écueil technique, au détriment de la dimension émotionnelle ou percutante de la photo. « Lorsque quelque chose ne fonctionne pas, cela n’échappe pas au public, même s’il n’en identifie pas la cause », précise John Spannos. Quand vous combinez ou modifiez des photos, faites attention aux ombres, à l’éclairage, à la couleur de la lumière, etc. Vérifiez l’uniformité de l’éclairage et de la température là où cela s’impose. Plus vous serez techniquement irréprochable, plus le public acceptera le caractère étrange de ce que vous créez. Si vous débutez dans la photographie surréaliste, appuyez-vous sur des outils comme le remplissage génératif pour vous assurer que les aspects techniques, tels que les angles d’ombre corrects, sont corrects.
Pour vous perfectionner en tant que photographe surréaliste, vous devez puiser dans vos propres réserves d’étrangeté, vous habituer à donner corps à votre inconscient et vous comporter vous-même un peu bizarrement. De plus, comme toute autre forme d’expression, le surréalisme exige un apprentissage, de la pratique et une expérience professionnelle. « Vous ne pourrez jamais vous perfectionner si vous pensez que tout ce que vous faites est déjà parfait, insiste John Spannos. Acceptez la critique. »
L’avis d’autres photographes surréalistes peut s’avérer utile. « N’hésitez pas à contacter des photographes dont vous appréciez le travail », recommande John Spannos.
De la même manière, se documenter sur la tradition du surréalisme permet d’améliorer son propre travail. « Vous devez comprendre l’histoire et les gens qui ont contribué au mouvement, précise Tina Tryforos, il y a cent ans ou la semaine dernière. » Grâce à vos recherches, vos interactions avec d’autres photographes et votre pratique, vous pourrez apporter votre pierre à cet édifice centenaire et continuer d’explorer l’univers de l’inconscient avec votre appareil photo.
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