Comment faire un storyboard : les étapes pour se lancer.

Le storyboard donne vie au scénario bien avant que le film ne soit diffusé sur un écran. Découvrez le processus créatif derrière ces planches de storyboard, les prises de vue à connaître pour la narration, et suivez les conseils de nos experts, tant pour la création de vos storyboards que pour vous lancer professionnellement dans ce domaine.

Storyboarding

Storyboard : définition et enjeux.

 

Si l’on devait donner une définition du storyboard en quelques mots, on pourrait dire qu’il s’agit d’une série d’images racontant une histoire ou présentant un scénario. On les appelle d’ailleurs en français les scénarimages et ils ont de faux airs de bande dessinée.

 

Ils constituent une sorte de guide visuel donnant un aperçu de ce qui sera vu plus tard à l’écran. Il s’agit souvent d’une étape incontournable dans les mondes du cinéma, de la publicité, de l’animation et même dans le développement d’applications.

Des storyboards aux styles variés, mais aux objectifs communs.

 

Certains storyboards sont réalisés avec des dessins très détaillés, d’autres, avec seulement quelques bonhommes allumettes. Bien que les styles varient, l’objectif, lui, reste le même : le storyboard doit donner les idées principales de chaque scène de manière claire, afin que les équipes de production puissent comprendre et produire le film, le spot publicitaire, etc.

 

« Certains storyboards sont super grossiers, mais ça n’a pas d’importance. Ce qui compte c’est qu’ils puissent transmettre l’information et les émotions. »

Kevin Mellon

Les différents types de storyboards.

 

La manière dont est conçu le storyboard peut varier. Son style aussi. Le choix de l’un ou de l’autre dépendra bien souvent des besoins de l’équipe de production. On compte principalement :

 

  • Le storyboard traditionnel. Généralement un croquis au crayon (simples ou détaillés), il contient aussi des notes écrites sur ce qui se déroule dans la scène. Il est surtout utilisé dans le monde du cinéma et de la pub.

  • Le storyboard thumbnail. Il est fait de petits croquis moins détaillés que les storyboards traditionnels (sans notes). Il est utilisé dans les équipes ayant déjà une bonne compréhension de la façon dont la scène ou l’idée doit être représentée.

  • Le storyboard digital. Il est surtout utilisé dans le monde de l’animation et du développement d’applications. Ici, les visuels et graphismes sont bien souvent ceux que l’on verra dans le projet final. 

Pourquoi faire un storyboard ?

 

Le storyboard est une partie très importante en production de vidéos ou d’animations, car il permet déjà de présenter clairement le déroulement de l’histoire. C’est un gain de temps considérable lors du tournage, puisque qu’il va aussi indiquer le numéro de plan, le lieu du déroulement de la scène et les mouvements de caméra.

 

Il permet également d’assurer la cohérence entre tous les plans avant la production et le tournage. 

 

 

Un bon storyboard donne vie au scénario.

 

Étant la représentation visuelle d’un script, le storyboard commence déjà à donner un aperçu de ce que va donner l’histoire une fois à l’écran. C’est une phase importante du processus de prévisualisation, qu’il s’agisse d’un dessin animé ou d’un tournage en prise de vues réelles. 

 

« Le storyboard constitue un guide qui permet au réalisateur d’exposer les idées et la vision qu’il a en tête, à une centaine de personnes sur le plateau »

Kevin Mellon

 

 

Qui réalise le storyboard ?

 

Dans l’industrie du cinéma américain, le métier de concepteur de storyboard (storyboarder ou encore storyboard artist) est bien implanté, mais cela est moins vrai dans l’hexagone. 

 

En l’absence d’un storyboarder, il peut être réalisé de manière collaborative, entre le réalisateur, le scénariste et le chef opérateur de prise de vues. Pour les petites productions, le réalisateur ou le scénariste peuvent travailler seuls sur la création du storyboard.

Comment faire un storyboard étape par étape ?

 

Il ne faut pas forcément de grand talent d’artistes pour faire un storyboard. Ce qui compte, c’est déjà d’avoir lu au préalable l’ensemble du script (si vous n’êtes pas celui qui l’a rédigé). Cela permet d’avoir une idée de l’ambiance générale de l’histoire à raconter. N’oublions pas que vous devez indiquer quel type de plan utiliser pour transmettre une idée ou une émotion. 

Un zoom ou gros plan sur un personnage peut aider à retranscrire une certaine tension, le cadrage de plusieurs personnages peut aider à souligner leurs relations, etc. Il s’agit de choix créatifs que vous devrez faire et garder tout du long pour assurer une cohérence. Et cela n’est possible qu’en ayant une bonne connaissance du scénario et du script dans sa totalité.

 

Bien, passons à présent au tuto storyboard.

 

 

1. Découper le scénario en différentes scènes.

 

Cette étape est essentielle et doit se faire avant de commencer à dessiner. Il s’agit de diviser le scénario en différentes scènes et ensuite, pour chaque scène, de décrire la manière dont vous visualisez les différentes prises de vue (cadrage, action et type de plan). Vous pouvez faire cela sous forme de tableau. 

 

 

2. Dessiner les vignettes.

 

Définissez d’abord combien de vignettes seront présentes sur chaque planche du storyboard et veillez à laisser de l’espace entre chacune afin de pouvoir y apporter des annotations. Dans le cas d’un storyboard digital, vous pouvez créer votre planche et la dupliquer avec la fonction Plan de travail d’Adobe Illustrator.

Ensuite, dans les vignettes, dessinez ce que verra le spectateur. Pensez aussi à indiquer les mouvements à l’aide de flèches. 

 

Dans l’espace dédié aux notes, décrivez par écrit tous les détails de la scène : les gestes, les sons, les zooms, etc. En somme, écrivez tout ce qui vous est compliqué d’illustrer, mais qu’il est important de comprendre ! 

 

 

3. Prendre du recul et vérifier la cohérence globale.

 

Vous avez un premier jet de votre storyboard et avez dessiné toutes les scènes ? Bravo ! Maintenant, il va falloir prendre un peu de recul et vérifier que toutes ces scènes s’articulent bien entre elles et que l’histoire est retranscrite de manière cohérente. Pour cela, étalez l’ensemble des planches du storyboard devant vous et voyez si certaines vignettes doivent changer de position afin de fluidifier l’enchaînement entre chaque scène.

 

 

4. Regrouper l’ensemble.

 

L’ordre des séquences est établi, il convient à présent de compiler toutes les vignettes et d’ajouter d’éventuelles transitions supplémentaires. 

Maintenant que vous avez aussi votre nombre total de vignettes et de planches, pensez à écrire le numéro des plans et, éventuellement, une durée moyenne pour ceux-ci.

 

 

Les éléments importants d’un storyboard.

 

Afin que le storyboard soit utile à l’équipe de tournage, il est bon d’y mentionner certains éléments clés, comme :

 

  • L’angle de prise de vue : soit la position de la caméra (plongée, contre-plongée, au ras du sol, etc.)

  • Les mouvements de la caméra : si la caméra se déplace, change de direction, ou encore s’il faut zoomer ou dézoomer.

  • Le sujet : soit les personnages, animaux, objets se trouvant dans le champ principal, leurs positions, leurs mouvements, etc.

  • L’arrière-plan : en plus du sujet, il faut faire apparaître l’arrière-plan et l’éventuel premier plan.

 

 

Les différents plans utiles au storyboard.

 

Le storyboard de base va généralement comporter trois points de vue différents. Le plan qui se concentre sur une personne/un sujet, le point de vue par-dessus l’épaule (un personnage qui regarde un autre), et enfin, le plan qui affiche les deux personnages qui interagissent. 

« On peut faire des allers-retours entre ces différents points de vue, assez facilement. Là où la narration entre en jeu, c’est quand il faut décider de la façon dont vous organisez ces plans et quand il faudra jouer avec le zoom pour créer différents effets et générer différentes émotions. » 

Kevin Mellon

 

 

La première fois que vous allez réaliser un storyboard sera déjà une belle expérience d’apprentissage. Vous pourrez très rapidement comprendre ce qui fonctionne et ce qui ne fonctionne pas dans cette discipline. Une fois que vous aurez assimilé les bases, la pratique vous aidera à perfectionner vos compétences et vous pourrez vous permettre de tester de nouvelles idées.

 

« Prenez le scénario d’un film que vous n’avez jamais vu, et faites-en le storyboard. Une fois que vous avez terminé les vignettes d’une scène, visionnez la manière dont les cinéastes ont produit cette même scène. C’est un contraste super intéressant à analyser. Vous pourrez apprendre beaucoup de choses sur le travail des pros et sur leurs façons de fonctionner. »

Kevin Mellon

 

 

Devenir storyboarder professionnel.

Que votre souhait soit de devenir un concepteur de storyboard pour des vidéos d’animation, des longs-métrages, des clips musicaux ou encore des vidéos commerciales, la création d’un portfolio est un impératif. 

 

« J’entends encore beaucoup trop de monde dire : ‘Je veux vraiment faire des storyboards.’ ’Ok, puis-je voir certains de vos storyboards ? ‘Je n’en ai jamais fait’ Si votre désir est de réaliser des storyboards, alors commencez par en faire. »

Neal Holman

 

 

Une fois que vous avez défini sur quel type de projet vous voudriez travailler et que vous avez commencé à créer vos propres storyboards dans les styles correspondants, créez votre portfolio. Ensuite, regardez les génériques et les crédits de films de projets similaires à ce qui vous botte. Une fois les noms identifiés, tentez de prendre contact avec ces personnes afin de leur présenter votre portfolio.

 

Pensez aussi à présenter différents types de storyboards dans votre portfolio.

 

 « Si vous me présentez des projets très diversifiés, du film d’action au spot publicitaire pour une chaîne de fast-food, je serais d’autant plus impressionné par votre portfolio. Les artistes issus du monde de la bande dessinée peuvent être de très bons atouts. Ils sont tellement habitués à dessiner l’anatomie humaine et à soigner la composition au sein des vignettes. »

Neal Holman

 

 

Quelles sont les qualités d’un bon storyboarder ?

 

Nul besoin d’être un grand artiste et d’avoir un incroyable coup de crayon pour faire un storyboard efficace et digne de ce nom. En revanche, il convient de disposer de certaines compétences :

 

Être un bon narrateur.

Prêter attention aux détails.

Être capable de synthétiser.

Avoir le sens de l’observation.

Connaître les codes cinématographiques (types de prises de vue, d’angles, etc.).

 

Décrocher son premier job en tant que storyboarder. 

 

Décrocher une mission dans la création de storyboards peut prendre un peu de temps. Pour autant, le contenu vidéo ne cesse d’être de plus en plus présent sur le web. Et qui dit contenu vidéo dit bien souvent storyboard en amont. 

 

Inspirez-vous d’exemples de storyboards en ligne.

 

En attendant, continuez à construire votre réseau, faites du networking. Aussi, puisez dans la multitude de scripts et scénarios que l’on trouve en ligne et continuez à vous entraîner à dessiner des storyboards afin de compléter votre portfolio. Jetez également un œil aux modèles de storyboard sur Behance afin de voir ce que d’autres artistes réalisent. Vous trouverez plein d’idées et de conseils, et de nombreux exemples de storyboard vierges ou complets.

Storyboard : questions fréquentes.

Qui fait le storyboard ?

Normalement, il s’agit d’un poste à part entière, celui de storyboarder ou artiste de storyboard. Il peut être employé, freelance ou encore intermittent du spectacle. Pour des petites productions, le scénariste, le réalisateur, ou encore le chef opérateur de prise de vues peuvent réaliser le storyboard, seul ou à plusieurs. 

Storyboard et story map : quelles sont les différences ?

La story map est une sorte de carte narrative. Elle comprend des détails sur le contenu, les émotions et l’intrigue. Le storyboard, lui, se concentre davantage sur la suite chronologique et les différents plans. 

Quelle différence y a-t-il entre la BD et un storyboard ?

Le storyboard est conçu dans le but de servir de guide pour une autre création (film, publicité ou dessin animé). Il contient des informations techniques à destination de l’équipe de tournage (durée du plan, etc.). La bande dessinée, elle, est un produit fini, une narration visuelle à destination du grand public.

Les partenaires d’Adobe experts en storyboard.

 

  • Kevin Mellon participe à la création des storyboards de nombreux films et séries célèbres, comme Archer, The Vampire Diaries, Black Lightning, et Dynasty. Découvrez ses travaux sur son compte Instagram.

  • Neal Holman a travaillé à la direction artistique et a contribué à la conception du storyboard de la série d’animation Archer.

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